Un authentique « conte de fées »

Madame d’Aulnoy mettra ainsi au monde le genre littéraire du "conte de fées", dans lequel des générations puiseront leur imaginaire.

La Comtesse d’Aulnoy

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La chanson que vous entendrez aujourd’hui reprend un très, très vieux thème de la pensée littéraire française. Le conte de La biche au bois a, en effet, été écrit par la Comtesse d’Aulnoy, vers la fin du 17ième siècle. Madame d’Aulnoy mettra ainsi au monde le genre littéraire du « conte de fées », dans lequel des générations puiseront leur imaginaire.  Et cela jusqu’au milieu du XXième siècle où le genre connaîtra un nouveau souffle notamment avec les apports visuels du dessin animé (Walt Disney) et du cinéma.

La Comtesse d’Aulnoy était une femme « d’esprit » et elle insufflera un véritable esprit subversif au genre en usant d’allégories et de satires. Son travail littéraire est souvent comparé à celui de Jean de La Fontaine, puisque comme lui, ses écrits dissimulent une critique sociale souvent virulente de la cour et de la société française du XVIIe siècle.

Il était une fois…

« Il était une fois… » – puisque tous les contes de fée doivent ainsi commencer – Il était une fois, donc, une très jolie princesse née grâce à l’intervention des fées. Mais le sort que lui avait jeté à sa naissance, une vilaine fée jalouse, l’obligeait à vivre sans approcher la lumière du jour avant qu’elle n’ait atteint l’âge de quinze ans. C’est ainsi que loin du monde et de ses dangers, elle vivait recluse, dans un château magnifique où de savants professeurs lui prodiguaient la meilleure instruction. Le roi et la reine, ses parents, l’entouraient de la plus tendre affection et la petite princesse devenait une douce jeune fille, plus belle chaque jour. Mais avant ses quinze ans, elle fut emportée par l’amour fou d’un beau prince. Elle osa braver le sort qui l’affligeait et fut instantanément transformée en biche.

La chanson « La biche au bois »

Raymond Souplex

Dans le conte de la comtesse d’Aulnoy, la princesse connaissait toutefois un dénouement heureux à son triste sort, grâce à la bonne fée tulipe. Mais la chanson que vous entendrez aujourd’hui n’a pas repris cette belle fin heureuse puisque la princesse restera, à tout jamais, prisonnière de la biche. La chanson en tire toutefois une certaine sagesse animalière qui n’était pas présente dans le conte original puisque, désormais, « dans toute biche se cache, peut-être, une belle princesse ». Bref, presque une pensée écologique avant son heure

En parallèle à ses études de droit au lycée Louis-le-Grand et à son premier emploi de clerc, Raymon Souplex composa des chansons et écrit des sketches. Au cours des années 30, il devint chansonnier et tourne dans des cabarets et cafés-théâtres parisiens, dont le Caveau de la République, le théâtre du Coucou et le théâtre des Deux Ânes. Il adopte le nom de sa mère, Pesloux, comme pseudonyme, en prenant soin d’en mélanger les lettres. Il écrit des chansons, comme «Les beaux jours» pour Tino Rossi. Lui-même doté d’une très belle voix de baryton, il enregistrera plusieurs disques d’où est notamment tirée l’enregistrement de « La biche au bois » dont il a aussi écrit les paroles.

Voici donc, chanté par Raymond Souplex le très beau conte de la « Biche au bois », chanson que j’ai entendue chantée par ma mère dans ma plus tendre enfance et qui a bercé des générations d’enfants et de parents.

La Biche au bois – Raymond Souplex (1934)

La Biche au bois – Raymond SOUPLEX – Georges MALIS

La forêt où s’éveille Flore
La forêt pleure à gros sanglots
Par une triste et froide aurore
Les gardes en un noir complot
Par les taillis et par les sentes
Ont à grands gestes maladroits
Traqué la harde bondissante
Il n’y a plus de biche au bois.

Si l’on en croit le tant vieux conte,
Un prince charmant chaque soir
Venait à ce que l’on raconte
Au pied d’un grand chêne s’asseoir
Une biche accourait joyeuse
Et près de lui souventes fois
Venait se blottir amoureuse
C’était la belle biche au bois.

Au prince elle était fiancée…
Tout deux devait se marier,
Mais une bien méchante fée
En biche un jour la fit changer.
Par une de ces nuits dernières
Le prince vint rempli d’émois
Il attendit la nuit entière,
Mais ne vit pas la biche au bois.

Et chaque nuit sous la feuillée
Le passant dans l’ombre attardé
Voit un prince l’âme endeuillée
Qui guette en vain l’inconsolée.
Las beau prince, tu peux attendre
Point ne verra, comme autrefois
Ta bien-aimée au cœur si tendre
Il n’y a plus de biche au bois.

Là-bas ta chaste fiancée
Votre amour pleure doucement.
Au lieu où elle est enfermée
Ne vont point les princes charmants.
Si le dimanche jour de liesse
Allez voir les biches parfois
Songez qu’une est une princesse
Et qu’elle était la biche au bois.

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commentaires
  1. Impatiente glanduleuse dit :

    Cher Pierre,

    La fable existe toujours !

    La biche veille discrètement; son beau prince se manifeste régulièrement. Point n’est besoin de s’inquiéter…Bon Dieu, mais c’est bien sûr !

    • Merci à vous, chère « Impatiente glandeuse »… nous disions aussi que la belle princesse trouverait bien un moyen de s’évader de sa « prison » de biche pour retrouver son prince !

  2. […] Raymond Souplex – La biche au bois | J’ai la mémoire qui chante […]

  3. Conxi dit :

    Ça y est ! je l’ai trouvé!!!

  4. Melocoton dit :

    Bonjour Pierre, bonjour tout le monde,

    A propos de Raymond Souplex, il faut également rappeler qu’il a connu un énorme succès dans les années cinquante avec le feuilleton radiophonique « Sur le banc » qui raconte les péripéties de La Hurlette et de Carmen (Jane Sourza), un couple de clochards installé sur un banc des quais de la Seine. Par la suite, il endossa avec brio le rôle de du commissaire Bourrel dans « Les cinq dernières minutes » avec sa célèbre répartie : « Bon dieu ! Mais c’est bien sûr ! » ;-)

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