Émile Nelligan

L’opéra romantique Nelligan

Une chanson forte de l’opéra "Nelligan" de Michel Tremblay et de André Gagnon, opéra basé sur les poèmes mythiques d’Émile Nelligan. Renée Claude y joue le rôle de Françoise, soeur adoptive d’Émile.

L’opéra romantique Nelligan a été créé le 24 février 1990, pour marquer le 50e anniversaire de la disparition du poète québécois Émile Nelligan. À l’origine, l’opéra a été mis en scène par André Brassard et a été présenté à Québec, à Ottawa et à Montréal. En tout, 28 représentations. Un succès retentissant! L’opéra a d’ailleurs remporté le Félix du spectacle de l’année. L’opéra comprenait, à sa création, six musiciens et leurs synthétiseurs et durait deux heures vingt minutes; une version légèrement réduite du même opéra, a été reprise en 2005 par l’Orchestre symphonique de Montréal et avec une toute nouvelle distribution.

Rappelons que le poète Émile Nelligan, fut enfermé dans un hôpital psychiatrique, à St-Jean-de-Dieu, à l’âge de 20ans et cela, jusqu’à la fin de sa vie. Il est mort à 63 ans. «Il souffrait de mélancolie. Or à cette époque-là, on traitait ainsi les maladies psychiatriques. Les médicaments n’existaient pas. Nelligan, tout comme Rimbaud, a écrit toute son oeuvre à l’adolescence. Il fut conduit à St-Jean-de-Dieu par son père, et littéralement arraché à sa mère qui n’ira, par la suite, le voir qu’une seule fois.  C’est cette triste histoire de l’internement de Nelligan et de la douloureuse séparation d’avec sa mère qui constitue la trame musicale de l’opéra Nelligan.

Quelle magnifique interprétation de Renée Claude sur un texte et une musique particulièrement inspirés! Et comme le soulignait   lui-même l’auteur Michel Tremblay à une amie qui lui faisait part de toute notre admiration pour les paroles de sa chanson,  "… vous savez je n’ai pas eu à inventer les paroles de cette chanson, puisque je les aies personnellement vécues, et douloureusement, croyez-moi!".

Extrait de l’opéra "Nelligan"

L’indifférence (Musique de André Gagnon – Paroles de Michel Tremblay)

J’ai cru aimer, et j’ai cru l’être
D’un seul regard, il faisait naître
Des chateau forts, des nuits d’été
Transfiguées par la beauté

Je retenais de son passage
Des mots magiques et des images
Que je croyais être éternelles
Quand il lisait, j’avais des ailes

Sans qu’on le veuille
Sans qu’on l’attende
On se détache et sans comprendre
Sans dire adieu et sans souffrance
On sent venir l’indifférence

Un petit mot, un petit rien
Un regard faux, un geste feint
Le temps qu’il faut à une main
Pour s’effacer et c’est la fin

Un salon sombre, un air humide
Dans un coin d’ombre, un fauteuil vide
Là où vibrait la poésie
Ne reste plus que l’aphasie

Sans qu’on le veuille,
Sans qu’on l’attende
On se détache et sans comprendre
Sans dire adieu et sans souffrance
On sent venir l’indifférence

Lire la biographie d’Émile Nelligan (à venir)
Autres chansons québécoises à écouter sur le site « J’ai la mémoire qui chante »

* * *

Nous avons besoin de votre soutien !

Abonnez-vous au site « J’ai la mémoire qui chante » et contribuez à la promotion de la grande et de la belle chanson d’expression française !

EN VOUS ABONNANT TOUT À FAIT GRATUITEMENT AU SITE « J’AI LA MÉMOIRE QUI CHANTE », VOUS NE COUREZ ABSOLUMENT AUCUN RISQUE sauf celui d’être informé, dès la parution d’une nouvelle chanson !

Pour ce faire, il vous suffit tout simplement d’entrer votre adresse courriel (votre email) en utilisant le formulaire d’abonnement  que vous trouverez, au bas de la présente page !

* * *


About these ads
Commentaires
  1. [...] très belle interprétation de la chanson “La mémoire et la mer” de la québécoise Renée Claude, je n’ai pu résister à l’idée de l’ajouter sous celle de Ferré. Pour nos [...]

  2. [...] Stéphane Venne qui lui écrit une série de succès. Isabelle Pierre aura été, avec entre autres Renée Claude et Emmanuelle, la représentante d’une époque de liberté et d’espoir d’un [...]

  3. Sylvain dit :

    Bonjour P. Lavallée,
    D’abord, merci pour votre remarquable site. En ce qui a trait à l’extraordinaire chanson inspirée «L’indifférence», je dois dire que je n’ai pas eu la chance, (vivant en région), d’assister à l’opéra de Nelligan, mais que je l’ai tout de même découvert, à travers le petit écran, lors de la diffusion de cet opéra. Pour moi, le moment fort de tout cet opéra est sans contredit l’interprétation plus que bouleversante de cette chanson par Renée Claude. Je connaissais déjà, dès mon enfance, (dans les années 60), le talent de Mme Claude, mais ce soir-là, elle m’a littéralement jeté par terre. J’étais sans voix devant mon téléviseur, incapable de retenir un flot de larmes qui m’inondaient comme un torrent déferlant et ce dès les toutes premières mesures de ce chef-d’œuvre.
    Il y a pour moi de ces très rares moments de grâce, comme celui-là, où les paroles et la musique s’épousent si merveilleusement, pour ne faire qu’un, que l’enchantement ne peut contenir l’émotion. (Un autre de ces bijoux de création, à travers un mariage parfait de mots et de musique, étant la chanson de Daniel Lavoie : «Ils s’aiment».) En plus d’être subjugué par la parfaite harmonie des mots de M. Tremblay et de la musique de A. Gagnon, Renée Claude s’est montrée d’un tel contrôle vocal, que j’avais l’impression d’entendre un être céleste qui chantait voluptueusement sans le besoin de respirer. Cela demeurera à jamais gravé dans ma mémoire.
    P.S. J’ai redécouvert tout récemment cette chanson, interprétée par un acadien du nom de Nathan Le Lièvre et je dois dire que son interprétation m’a tout autant séduit et bouleversé que lors de ma première audition de l’œuvre. Comme quoi les chef-d’œuvres ont une portée infinie.
    P.P.S. Par tes commentaires, Pierre, (tu permets qu’entre Québécois, je te tutoie et que je t’appelle par ton prénom), je pense que j’ai à revoir l’œuvre de Ferré, car tes propos à son égard me stimulent à explorer une autre découverte qui s’avère prometteuse.
    Sylvain Gagnon, de Jonquière

    • Salut, Sylvain, et heureux de lire ton intéressant commentaire sur la chanson "Nelligan" si magnifiquement interprétée par Renée Claude. Je n’ai pas, moi non plus, eu cette chance de voir, en salle, l’opéra d’où est tirée la chanson mais je suis touché tout autant que toi quand je l’entends… Il y a quelque chose de bouleversant dans cette chanson que je n’arrive pas à définir. Sans doute, le Nelligan de mon enfance y est-il pour quelque chose. Mais je pourrais difficilement accepter d’entendre cette chanson interprétée par quelqu’un d’autre que Renée Claude. Mais je vais tout de même, par curiosité, essayer de trouver l’interprétation de Nathan Le Lièvre que tu me proposes…

  4. Ravi de (re)trouver Renée Claude sur votre site épatant. Elle est trop peu connue en France. Je l’ai découverte à Sète lors de sa tournée consacrée à Léo Ferré ( Je suis grand fan de Léo et connais parfaitement toute son œuvre et les… "produits dérivés" ! ). Et là, je dois dire que ce fut une grande révélation. Depuis, je considère Renée Claude comme LA meilleure interprète de Ferré. Bien sur j’adore Morelli, j’aime bien Catherine Sauvage, Gréco, Montéro et bien d’autres… mais c’est Renée Claude qui me restitue pleinement l’essence même de ce que j’aime dans les chansons de Ferré. (Un peu comme vous, à propos de l’interprétation de Pauvre Rutebeuf par
    Jacques Douai, par exemple). On cite souvent la "gouaille" qui convient aux chansons de Ferré bien restituée par les interprétations de Catherine Sauvage ( que Ferré lui-même, n’ayant pas eu le bonheur d’entendre Renée Claude, considérait comme sa meilleure interprète ). Moi, je considère que la "gouaille" des textes de Ferré est purement poétique et que le fond, sensible, l’emporte. Ferré, bien qu’extravertis avec de faux airs de titi parisien populiste, était une sorte de dandy un peu précieux et snob, génial et plein de talent, qui noyait son extrême sensibilité sous une morgue à deux sous. Avec Renée Claude, cette dualité disparaît, pour ne laisser que l’immense richesse poétique de l’œuvre. Le disque " On a marché sur l’amour " ( titre bizarre, mais passons !) reste un bijoux que tout amateur de " la bonne chanson francophone" se doit de posséder dans sa discothèque. Merci à Renée Claude et merci à vous.

    • Je suis également – et depuis toujours – un admirateur et, pour tout dire, un inconditionnel de Ferré. Quand j’étais tout jeune (il y a de cela, un siècle), je me souviens même d’avoir animé un espèce de débat collégial opposant les "pro-Brel" et les "pro-Ferré". Inutile de vous dire dans quel camp j’étais… d’autant plus que j’étais tout seul.

      Il y a deux personnages surdimensionnés chez Ferré, le poète et le musicien. Plus jeune je ne voyais que le premier et je me "soulais le dedans" de cette poésie néo-baudelairienne. Mais en vieillissant, j’ai surtout découvert Ferré le musicien, l’extraordinaire magicien qui a su envelopper les mots (les siens ou ceux des autres) dans un langage musical qui les a porté aux nues.

      Je suis de ceux qui croient qu’on a trop souvent réduit la chanson à des simples textes. La chanson c’est d’abord une question d’équilibre entre des mots et des sons. Des textes sans doute beaux mais sans ce souffle musical intérieur qui gouverne les mots et leur donne leur puissance d’évocation, ne feront jamais de belles chansons.

      Il y des chansons où cet équilibre est parfait. Je cite, à tout hasard, "L’écharpe" de Maurice Fanon comme illustration de cet osmose parfaite entre des mots et la musicalité qu’ils inspirent, ou plus souvent encore, qu’ils provoquent.

      Mais ce qu’il y a de remarquable dans l’œuvre de Ferré c’est la constance dans cet équilibre entre les mots (et quel mots…) et la musique qui les porte.

      Pierre L.

      PS J’ai aussi assisté à un récital de Renée Claude qui portait uniquement sur des chansons de Ferré (au théatre du Petit Champlain à Québec) et je partage votre point de vue sur ses qualités d’interprète de l’œuvre de Ferré. C’était une toute petite salle et j’avais le bonheur d’être dans la première rangée. Quand Renée Claude avançait vers le micro, j’étais comme enveloppé d’effluves parfumées avant même que sa voix ne parvienne à mes oreilles. Et quelle voix… Un enchantement où tous les sens étaient sollicités.

      • Melocoton dit :

        Bonjour, bonjour,

        Difficile d’aller contre vos propos car son double album consacré à Léo Ferré est effectivement une petite merveille mais, même plus modeste, celui dédié à Georges Brassens est également un beau bijou dont voici une des pierres précieuses : http://www.4shared.com/audio/HTmuJsIC/14-Il_ny_a_pas_damour_heureux.html

        • Amis, nous sommes trop à l’unisson pour alimenter un débat utile ( c’est à dire contradictoire ).
          Peut-être aurons nous l’occasion ( et le plaisir ) de nous "chauffer" sur une autre page du blog !
          Pour Renée Claude c’est 5 étoiles partout, sans bémol !
          Quant à l’osmose entre les mots et la musique dans l’œuvre de Ferré, tout à fait d’accord. Je parlerai même d’alchimie si j’y ajoute sa voix ; car je suis de ceux ( les inconditionnels, comme vous dites ) qui supportent mal, disons à 70%, les chansons de Ferré interprétées par d’autres.
          J’y peux rien c’est viscéral !
          J’ai bien sûr nombre d’exception ( puisque il reste les 30% ) et ça, ça vaudrait le coup d’en parler une autre fois. Juste 3 exemples pour vous (re)mettre l’eau à la bouche :
          Julien Clerc, Mon Camarade de Caussimon.
          Morelli, La fille des bois de Mac Orlan.
          Eddie Constantine, Henri Salvador, La chanson du scaphandrier. Chanson (très) misogyne où il est déjà question de "blonde" sans cervelle ! Tiens, à ce propos, si un jour vous souhaitez faire une page sur les chansons misogynes ( pour la journée de la femme, par exemple ! ) j’en ai de bonnes à vous répertorier.
          Quel bavard ! J’arrête.
          Salut à vous amis de la chanson !

        • Peut-on "résister" à une telle interprétation (que je n’avais pas écouté depuis un bon bout de temps)? Celà me donne le goût de faire une page sur ce monument de chanson de Brassens et j’y ferai certainement entendre cette interprétation de Renée Claude.

          J’avais gardé un souvenir plutôt terne de la prestation de Renée Claude – toujours au Théatre du Petit Champlain à Québec – où elle avait littéralement enfilé une série de chansons de Brassens presque sans âme. Sans doute un de ses mauvais soirs…

  5. Aucagos dit :

    Merci pour votre site,félicitations pour les choix de la belle chanson Française, je voulais signaler par la même occasion le chanteur Jacques Debronckart, notamment dans la chanson j’suis heureux,ou bien Adélaîde.
    Merci

    • Merci à vous pour ce mot gentil…

      J’aimerais bien faire une page sur la chanson "Adélaïde" de Jacques Debronckart; il faut dire qu’elle a une résonance particulière, ici au Québec, où culturellement parlant nous sommes pas tellement loin d’Adélaïde…

      La seule vidéo que l’on peut trouver de la chanson sur le net est de très piètre qualité; je cherche donc une version MP3 de bonne qualité de la chanson. Si vous même, ou un autre auditeur, avez cette chanson de Jacques Debronckart sous la main, je vous saurais gré de me la faire parvenir.

  6. Melocoton dit :

    Bonjour Pierre,

    A propos de Nelligan, connais-tu cette très belle chanson de Laurent Malot : http://www.4shared.com/audio/KcDiULUq/05-Qui_es-tu_Nelligan.html

  7. Melocoton dit :

    Bonjour tout le monde,

    Au hasard de mes emprunts à la médiathèque, sur l’album d’hommage à Claude Léveillée : « Le temps d’une chanson… le temps de dire « Je t’aime », je découvre cette jolie version d’un « Soir d’hivers » d’Emile Nelligan interprétée par Mario Pelchat : http://www.4shared.com/audio/gTnVRshG/05-Soir_dhiver.html

  8. Jean-Pierre Nioche dit :

    Félicitations et remerciements pour ce site qui présente des trésors.
    Parisien, je ne connaissais ni Nelligan, ni Renée Claude. Quelle merveille !

    • Merci Jean-Pierre pour votre commentaire.

      J’ai aussi bien reçu votre "Suggestion de chanson(s)" "Le condamné à mort" de Jean Genet sur laquelle je devrais certainement préparer une page à l’automne prochain. Au plaisir de vous y retrouver !

  9. Lise dit :

    Rebonjour,

    Vous avez dû immortaliser de magnifiques et brûlants couchers de soleil ! J’ose croire que nous aurons le plaisir d’en profiter par le truchement de votre blogue ?

  10. Lise dit :

    Allô Pierre !

    Eh bien, je constate que vous êtes incapable de chômer ! Je vous croyais au ralenti, en train de boire une bonne cerveza, sur le dos, à La Havane. Le temps a finalement décidé de reprendre sa cadence.

    J’y étais à cet opéra "Nelligan", au Grand Théâtre de Québec en 1990.
    Bien belle distribution… trop triste histoire ! Le silence…La solitude…Le désespoir…La culpabilité.
    …"Qui est la dame en noir ? Celle qu’on voit si souvent rôder près du couvent en se frappant le coeur, en sanglotant ? C’est Emilie Hudon, la mère d’Émile Nelligan! " (Extrait du livret de
    Tremblay)

    L’été est trop court pour en manquer des bouts…je pars en vacances !

    • Vous avez raison, ma chère Lise, je me suis laissé un peu prendre au jeu… mais j’avais – et j’ai toujours – l’intention de faire quelques petites mises à jour (bien discrètes comme celle-ci) au cours de l’été, histoire de ne pas perdre la main (.. et aussi de ne pas perdre trop d’auditeurs). Mais vous n’étiez tout de même pas loin de la vérité puisque je reviens d’une excursion photographique dans le bas du fleuve (.. et ce n’est pas la cerveza qui coulait à flot mais bien le chasse-moustique ! )

      Quelle chance vous avez eu de voir cette production que j’ai malencontreusement raté lors de son passage à Québec.

  11. Melocoton dit :

    Hello Pierre, bonjour tout le monde,

    J’ai souvenir que, en 1991, ‘une autre Tremblay, avec Monique Leyrac pour nom de scène, avait chanté les textes d’Emile Nelligan ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Monique_Leyrac ) mais je vais devoir replonger très loin dans ma discothèque ou dans ma médiathèque :-)

    • En effet Yves Monique Leyrac a bien bercé notre adolescence avec sa chanson "Soir d’hiver" qui reprenait cet autre merveilleux poème de Nelligan. "Ah comme la neige à neigé…" vous vous souvenez !

      Monique leyrac – soir d’hiver
      (il vous faut cliquer sur le nom du fichier ci-dessus pour l’écouter ou le télécharger)

      Soir d’hiver

      Ah ! comme la neige a neigé !
      Ma vitre est un jardin de givre.
      Ah ! comme la neige a neigé !
      Qu’est-ce que le spasme de vivre
      A la douleur que j’ai, que j’ai !

      Tous les étangs gisent gelés,
      Mon âme est noire : Où vis-je ? où vais-je ?
      Tous ses espoirs gisent gelés ;
      Je suis la nouvelle Norvège
      D’où les blonds ciels s’en sont allés.

      Pleurez, oiseaux de février,
      Au sinistre frisson des choses,
      Pleurez, oiseaux de février,
      Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
      Aux branches du genévrier.

      Ah ! comme la neige a neigé !
      Ma vitre est un jardin de givre.
      Ah ! comme la neige a neigé !
      Qu’est-ce que le spasme de vivre
      A tout l’ennui que j’ai, que j’ai !…

  12. Si vous connaissez peu l’œuvre de Nelligan, vous trouverez ci-dessous une vidéo de ce qui constitue sans doute son poème le plus célèbre "Le Vaisseau d’or" et dont la musique et l’interprétation est aussi extraite, vous l’aurez compris, de l’opéra Nelligan. La pièce est chantée par le chanteur québécois Michel Comeau que l’on peut brièvement apercevoir au tout début de la vidéo sur l’air de l’"Indifférence". Les images qui accompagnent cette vidéos sont parfois "édulcorées" et artificielle mais la chanson est belle et l’enregistrement audio est de bonne qualité.

    Le Vaisseau d’or

    Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l’or massif:
    Ses mâts touchaient l’azur, sur des mers inconnues;
    La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues,
    S’étalait à sa proue, au soleil excessif.

    Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
    Dans l’Océan trompeur où chantait la Sirène,
    Et le naufrage horrible inclina sa carène
    Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

    Ce fut un Vaisseau d’Or, dont les flancs diaphanes
    Révélaient des trésors que les marins profanes,
    Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

    Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
    Qu’est devenu mon coeur, navire déserté?
    Hélas! Il a sombré dans l’abîme du Rêve!

    Émile Nelligan (1879-1941)

    "Le Vaisseau d’or" de Émile Nelligan

  13. Zadkiel dit :

    Est la prémière fois que je visite votre page,je suis enchantée pour lire votre poéme et écouter votre chanson!!!!

    • Bonjour à vous et merci pour votre commentaire… Je ne suis malheureusement pas l’auteur des paroles de cette chanson qui sont de la plume de Michel Tremblay. Et la chanson est extrait de l’opéra Nelligan mis en musique par le pianiste André Gagnon.

  14. [...] tandis que vous serez sur ce site, écoutez l’indifférence de Renée Claude vous verrez que cela goûte bon, contrairement à certaines chansons d’aujourd’hui que [...]

  15. Fotosix dit :

    Merci Robert pour votre gentil commentaire… il faut dire qu’ils sont souvent bien cachés ces trésors enfouis.

  16. Robert dit :

    Merci de nous faire redécouvrir ces trésors enfouis dans le passé

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s