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« Elle avait une petite robe claire, des cheveux courts, des yeux de souvenir. Et un sourire étrange comme une vérité qu’elle aurait découverte, sur nous et sur la vie…
Une vérité qui l’emportait si loin qu’elle ne nous voyait plus… Immobile dans le soleil elle ne berçait plus ses quatre fleurs … Nous n’avions plus besoin de calendrier, son coeur nous disait le temps….    »  (1)

Dans cette « Vieille Chanson du jeune temps », Victor Hugo évoque le lointain souvenir d’une promenade dans les bois en compagnie de Rose, une jeune fille de vingt ans, et la tristesse d’une rencontre amoureuse qui n’aura finalement pas eu lieu.  La chose est d’autant plus remarquable sous la plume de Hugo, grand séducteur, s’il en fut un.

Le poète qui n’avait alors encore que seize ans, n’aura finalement pas saisi l’invitation à l’amour que lui adressait manifestement Rose et il s’en désole avec beaucoup amertume. Ce poème est empreint d’une grande sensualité où tous les sens sont sollicités. Mais il est aussi un chant triste sur le regret et sur un désir bien mal achevé.

Ce poème, admirablement mis en musique par Julos Beaucarne, est tiré du recueil « Les contemplations » publié par Victor Hugo en 1856, recueil qui rassemblait pas moins de 158 poèmes groupés en six livres dont plusieurs ont, toutefois, été écrits très antérieurement à cette date.

JE NE SONGEAIS PAS A ROSE par Julos Beaucarne

Victor Hugo à 16 ans

JE NE SONGEAIS PAS À ROSE

Poème de Victor Hugo tiré du recueil « Les contemplations »

Victor HUGO (1802-1885)

Musique et voix de Julos Beaucarne

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire:  » Après ? « 

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J’allais, j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
« Soit ; n’y pensons plus ! » dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.

(1) Extrait du livre « Le voleur d’innocence » de  René Frégni

 
Autres poèmes à écouter sur le site « J’ai la mémoire qui chante »


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