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Le poète de l’infortune

Saviez-vous que Rutebeuf devait son nom à son surnom de « Rude bœuf » (bœuf vigoureux)? Pourtant, on sait bien peu de choses de sa vie sauf qu’il était probablement un jongleur avec une formation de clerc (en tout état de cause, il connaissait le latin). Son œuvre, très diversifiée, sera en rupture totale avec la tradition de la poésie courtoise des trouvères. Rutebeuf sera ainsi un des premiers poètes à parler de ses misères et des difficultés de la vie.

Parmi ses vers les plus célèbres, on trouve notamment ceux qui sont tirés des Poèmes de l’infortune : « Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés … » et que Léo Ferré choisira, comme fil conducteur, de sa célèbre chanson « Pauvre Rutebeuf ».  De fait, cette chanson est davantage un assemblage de vers choisis que Léo Ferré a tiré de toute l’oeuvre poétique de Rutebeuf plutôt qu’un poème déjà constitué. C’est donc Léo qui lui a donné le sens qu’on lui connaît.

Il existe de très nombreuses versions de cette chanson devenue célèbre, au fil des ans: Léo Ferré, lui-même, en aura enregistré au moins quatre versions différentes; les « chantres » de Léo que sont les Catherine Sauvage et Jacques Douai, seront évidemment les premiers à intégrer la chanson à leur répertoire; ensuite viendront les Hugues Aufray, Hélène Martin, Philippe Léotard, Marc Ogeret  et, finalement, Joan Baez qui internationalisera la chanson.

Aujourd’hui, nous limiterons toutefois notre appétit à deux interprétations de « Pauvre Rutebeuf » ».

Je vous propose d’écouter et de voir, en tout premier lieu, Léo Ferré interpréter sa chanson devant public (j’ignore toutefois le lieu et la date). Ensuite, je ne peux résister à l’idée, de vous faire réentendre une version que vous avez, sans doute, autant aimé que moi, celle de Jacques Douai, l’homme à la voix de velours et dont le timbre de voix, si particulier, convenait admirablement bien à cette merveilleuse chanson.

Source: Varia

a) Le « Pauvre Rutebeuf »  de Léo Ferré

Pauvre Rutebeuf – Léo Ferré

b) Le « Pauvre Rutebeuf »  de Jacques Douai

    

Pauvre Rutebeuf – Jacques Douai

PAUVRE RUTEBEUF – Rutebeuf (XIIIème) – Léo Ferré (1955)

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte.
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta.

Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d’hiver.
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière.

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte.
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est avenu.

Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta.

L’espérance de lendemain
Ce sont mes fêtes.

Lire la biographie de Léo Ferré
 
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