Articles Tagués ‘prison’

Une des nombreuses chansons sur la pègre parisienne du célèbre chansonnier du début de siècle, Aristide Bruant.

La Grande-Roquette

La « Roquette » désigne ici la prison de la « Grande Roquette » (166-168 rue de la Roquette, 11e arrondissement). Dépôt pour les hommes condamnés, elle possédait un quartier des condamnés à mort contenant trois cellules. A l’époque de la cette chanson, l’exécution était encore publique. Elle se faisait devant la prison. La Grande-Roquette a fermé en 1898, lors de l’ouverture de Fresnes. Les exécutions capitales sont restées publiques en France jusqu’en 1939.

Alors que la plupart des démocraties occidentales ont aboli, chacune à leur tour, la peine de mort, rappelons qu’aux États-Unis – le pays « phare » des grandes démocraties occidentales – plus de 1200 personnes ont été exécutés depuis la fin des années 70 et cela, dans 34 États différents.

Une interprétation très touchante d’Alexandre Zelkine

Vous ne connaissez sans doute pas Alexandre Zelkine qui a connu son heure de gloire, au Québec, à la fin des années 60. Né à Lyon d’un père russe et d’une mère française, Alexandre Zelkine avait un don véritable pour les langues (il en parle sept), il s’est bâti un répertoire varié où le folklore a pris une grande place. Au cours de sa carrière, il a parcouru les Balkans, passé deux ans en Israël, plus d’un an à New York et s’est établi à Montréal en janvier 1966.

Sa merveilleuse voix de basse donne à cette chanson tragique, une ampleur que la version de Bruant n’avait pas. C’est la plus belle et touchante interprétation que je connaisse de cette chanson qui date de la fin du XIX siècle.

Alexandre Zelkine – A la Roquette

Aristide Bruant (1851-1925)

A la Roquette – Aristide Bruant  (Les paroles de la chanson ont été publiées dans le   « Mirliton » du 15 novembre 1892).

En t’écrivant ces mots j’frémis
Par tout mon être,
Quand tu les liras j’aurai mis
Le nez à la fenêtre
J’suis réveillé, depuis minuit,
Ma pauvre Toinette,
J’entends comme une espèce de bruit,
A la Roquette.

Le Président n’aura pas voulu
Signer ma grâce,
Sans doute que ça y aura déplu
Que j’me la casse
Si l’on graciait à chaque coup
Ca serait trop chouette,
De temps en temps faut qu’on coupe un cou,
A la Roquette.

Déjà le soleil blanchit les cieux,
La nuit s’achève,
Ils vont arriver, ces messieurs,
V’là l’jour qui se lève.
Déjà j’entends, distinctement,
Le peuple en goguette,
Qui chante sur l’air de « L’enterrement »,
A la Roquette.

Tout ça, vois-tu, ça ne me fait rien,
C’qui m’paralyse
C’est qu’on doit couper avant l’mien,
Le col de ma chemise
En pensant au froid des ciseaux,
A la toilette,
J’ai peur d’avoir froid dans les os,
A la Roquette.

Aussi j’vas me raidir pour marcher,
Sans qu’ ça m’émeuve,
Je veux pas qu’on dise que j’ai flanché
Devant la veuve
J’veux pas qu’on dise que j’ai eu l’trac
De la lunette,
Avant d’éternuer dans l’sac
A la Roquette.

Lire la biographie de Aristide Bruant


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