Mouloudji Marcel


De l’action politique au cinéma

Marcel Mouloudji naît à Paris, d’un père maçon, immigré d’Algérie, et d’une mère bretonne. Il est affligé d’un léger strabisme. Son père, analphabète, logé dans une chambre de bonne, après que sa femme eut été internée pour désordre mental, ne sait trop comment élever ses deux fils. Avec son frère André, il vit de petits boulots. Les deux adolescents s’inscrivent au sein des Faucons rouges, association communiste. Ils y fondent une troupe

Marcel est longtemps hébergé, au cours de son adolescence, par Jean-Louis Barrault qui l’introduit dans le milieu artistique de Paris. En 1935, il rencontre des grands noms du milieu, qui l’adoptent immédiatement. Avec  Barrault et Charles Dullin, le jeune homme apprend vite. Grâce à Jacques Prévert et Marcel Carné, il devient acteur, jouant notamment dans ‘Les disparus de Saint-Agil‘. A 16 ans, Mouloudji est déjà une vedette de l’écran.

Polyvalence de l’artiste

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Mouloudji file dans le sud de la France, à Marseille, en zone libre, avec le Groupe Octobre. Il rencontre à cette occasion le chanteur Francis Lemarque. En dépit du chaos de cette époque, il continue de travailler. Assez vite, il retourne à Paris où il effectue un tas de petits boulots en semi-clandestinité. Il chante au Bœuf sur le Toit et surtout, découvre le milieu artistique de Saint-Germain-des-Prés. Cette fréquentation du monde littéraire le pousse à écrire "Enrico", un ouvrage de mémoire (il a 20 ans !) qui reçoit le Prix de la Pléiade à la Libération en 1945.

Pendant la guerre, en 1943, Mouloudi fait la connaissance de Louise Fouquet, dite Lola, qu’il épouse. Elle sera sa femme et son agent artistique jusqu’en 1969. Artiste polyvalent, il compte déjà maintes cordes à son arc. Vers 1947, il se met à la peinture. Acteur, comédien, peintre, Mouloudji se met au chant à partir de 1947.

Dans les cabarets en vogue, il chante Boris Vian (Le Déserteur) ou Jacques Prévert, interprète son rôle dans le film Eaux troubles de Henri Calef en 1949 et participe à Boule de Suif (Christian-Jaque, 1947) et Nous sommes tous des assassins (André Cayatte, 1952). Il obtient un premier grand succès dans la chanson grâce à son interprétation de La Complainte des infidèles, extraite du film La Maison Bonnadieu de Carlo Rim (1951). En 1958, il fait sa dernière apparition au cinéma dans Rafles sur la ville de Pierre Chenal et dans un film hispano-suédois, Deux hommes sont arrivés .

Une célébrité dont les médias feront rarement écho

Jacques Canetti, célèbre agent artistique et patron du cabaret les Trois Baudets entraîne Mouloudji vers la célébrité. Il lui fait enregistrer Comme un p’tit coquelicot qui obtient le Grand Prix du disque 1953 et le prix Charles-Cros en 1952 et 1953. Même succès, en 1954, avec Un jour tu verras, chanson extraite du film à sketches Secrets d’alcôve (sketch Riviera express de Ralph Habib).

Dès lors les tournées, scènes et disques s’enchaîneront. Après Mai 68, il revient et, pendant vingt ans, chante sur les plus grandes scènes, dont l’Olympia.

En 1970, il est sur la scène du Théâtre de la Porte Saint-Martin dans la comédie musicale "La Neige en été", aux côtés de Nicole Croisille et Régine. En 1976, il enregistre avec l’accordéoniste Marcel Azzola une anthologie du musette, Et ça tournait. En 1980 il sort un album Inconnus Inconnues et donne d’innombrables concerts, mais les médias s’en font rarement l’écho.

Fatigué, il consacre plus de temps à l’écriture et à la peinture, ses anciennes amours. Il publie ses souvenirs de jeunesse : Le Petit Invité en 1989, La Fleur de l’âge en 1991, puis Le Coquelicot en 1997.

En 1992, une pleurésie lui enlève en partie sa voix. Cela ne l’empêche pas d’enregistrer un album qui ne verra cependant pas le jour. Il s’éteindra deux années plus tard, le 14 juin 1994, alors qu’il avait encore de nombreux projets.

Sources: Wikipedia - ÉveneRFI Musique

Citation(s) et anecdote(s)
  • «Catholique par mère, musulman par mon père, un peu juif par mon fils… et athée grâce à Dieu.»

Marcel Mouloudji  ("Autoportrait")

  • Censuré

Pendant la guerre d’Indochine, Marcel Mouloudji interprète ‘Le déserteur’ de Boris Vian, au théâtre de l’Oeuvre. Le scandale est retentissant. Mouloudji est censuré partout, sauf sur Europe 1. Dès lors, la censure poursuivra souvent le chanteur.

Chansons de Mouloudji à écouter sur le site “J’ai la mémoire qui chante” :

Mouloudji – Un jour tu verras

Gricha Mouloudji – La corde

Marcel Mouloudji – La chanson de Tessa

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commentaires
  1. potaux dit :

    Je retombe sur votre site
    Je parlai de la biographie de Mouloudji par Gilles Schlesser
    (Ed Archipel)

  2. potaux dit :

    Il n’a pas abandonné la chanson dans les années 1960.
    Sur le salon de coiffure, voir la biographie.

    • Désolé mais je ne saisis pas la ou les modification(s) que vous suggérez…. s’agit-il bien d’éléments que l’on trouve dans cette page biographique sur Mouloudji ?

      • Melocoton dit :

        Bonjour Pierre,

        Je pense que potaux fait allusion à "Coiffeur pour dames" dans Citations et anecdotes. Je penserais comme lui que Marcel Mouloudji n’a jamais tourné le dos à la chanson et s’il lui a été souvent infidèle c’était pour le cinéma. Je me fierais plus à sa discographie ( http://www.encyclopedisque.fr/artiste/3363.html ) qu’à evene.fr qui manque souvent de sérieux dans ses articles.

        • Merci Yves… même après trois relectures je n’arrivais à retrouver l’extrait de texte en cause. Mais je n’ai jamais jeter un œil sur la section "Anecdotes". Le passage litigieux a été radié…

  3. potaux dit :

    A chaque fois qu’on les entend, on retrouve notre enfance toujours recommencée

  4. Bonjour Yves

    J’ai justement mis la dernière main à une toute nouvelle page portant sur deux poèmes de Paul Fort mis en musique par Brassens dont le deuxième est justement "La Corde" que chante Mouloudji fils (Gricha) puisque Brassens ne l’a jamais lui-même chanté (pas plus que Mouloudji père d’ailleurs).
    Cette page sera publiée vendredi le 15 avril prochain.

  5. Melocoton dit :

    Bonjour Pierre,

    Merveilleux artiste que Marcel Mouloudji qui a enchanté mon enfance car il faisait largement partie du répertoire de mon père. Ce dernier qui était fermier et qui avait une belle voix n’hésitait pas à donner un récital à ses vaches au moment de la traite. C’est donc dans une étable que j’ai découvert : Aristide Bruant, Félix Leclerc, Mouloudji et quelques autres. Comme l’époque était prude, c’est en cachette que j’écoutais : « Toutes ces Dames au salon » et « Poèmes voyous » ou plus grave encore, la lecture du « Condamné à mort » de Jean Genet.

    Mais si, avec un temps de retard, je reviens sur cette page c’est que, très récemment, j’ai découvert un album de son fils Gricha et que j’ai cru retourner au temps du p’tit coquelicot.

    Gricha Mouloudji – Cyprien : http://www.zshare.net/audio/872741399a80bc56/

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